dimanche 25 octobre 2009

Les Carnets de Ringo - N°11 : Hier

Ringo erre sur sa minuscule planète. Elle n'a pas de fleurs, pas même de lampadaire à éteindre ou allumer.
Il sait qu'elle finira tôt ou tard par se désagréger pour le livrer au vide d'où il est né, il n'y a pas si longtemps. Cela peut-être dans un an, dans un mois, dans quelques instants. Il le redoute mais n'ose pas l'attendre.
Ces yeux ont vu tous les couchers de soleil, tous les matins, il a décidé de ne plus vivre que du côté nuit de la planète...
Il a déjà dessiné lui même tous les moutons qui pourraient exister, caressé chaque renard, pleuré tant de roses. Il a peur de savoir que tout cela s'achèvera d'ici peu, très bientôt, tout de suite.
Que tout ce qu'il a pensé, vu, ou pleuré n'aura existé pour personne.
Il voit la lune au loin et lui chante un air qu'il ne connait pas.

4 commentaires:

Jérémy a dit…

Au delà des choses, au delà des êtres, au delà du temps, au delà de la pensée, au delà de la création...
Qu'a-t-il déjà vu, qu'a-t-il déjà ressenti? Se contente-t-il d'approximations?

Un grain de sable bouge et nous ne sommes plus dans le même désert, une goutte d'eau s'évapore et nous avons changé d'océan!

Dis moi enfin ce qu'il y a au delà. Lui qui a vu, ressenti, qui est dans l'ombre, qui sais et hésite, que peut-il me dire?

Est-on seuls dans l'ombre? Notre univers est-il si étriqué et inintéressant? Est-ce un chant ou une complainte?

Libère le des mots, des traits, de la constance. Sans entraves l'esprit exulte, les frontières cèdent, les mondes s'effondrent, la beauté fleurit, se réalise!

Jérémy a dit…

Je suis là, au bord du monde, au loin un horizon vert qui se dresse, infranchissable, à perte de vue.

Cela m'a pris du temps, mais j'ai fini mon tour du monde. J'ai visité l'intégralité de mon petit monde. J'ai marché sur le sol dur et aride pendant des éternités, et tout ça pour voir mes espoirs disparaitre. Il me reste deux choix : je peux quitter ce monde de la plus lâche des manières, ou devenir fou. J'hésite, je ne sais pas quel produit est le meilleur, lequel laissera moins de séquelles...

Ah si je n'était pas une fourmi, je verrais qu'au dela de cette pierre il y a un monde.

Anonyme a dit…

Ce soir, j'ai vu Ringo.
Ce soir, j'ai vu un ciel couchant dardant sur un nuage ses plus beaux ors et pourpres.
L'image de Ringo s'est imposée à moi. Il marchait les mains dans les poches, des lambeaux de lumière diaprée accrochant ses cheveux.
Il marchait tranquille dans ce ciel lavé, éternel malgré sa brièveté.
Il n'y avait pas d'îlots suspendus pleurant leur fontaine sur un vert paysage.
Nulle créatures volantes fantastiques ne le parcouraient.
Nulle lune énorme et bienveillante ne le surplombait.
Seulement un paysage banal où seul le ciel, sur un coup de folie, avait décidé de donné sa meilleure représentation.
Ce soir j'ai vu Ringo.
Il n'y avait pas de mouton.
Il n'y avait pas de réverbère.
Il n'y avait pas de rose.
Ou peut-être était-ce simplement une rose qui avait pris le risque d'éclore, éphémère mais sublime...

Ce soir j'ai vu Ringo.

Et il souriait.

Trotal

La Loupiotte a dit…

Quand la tristesse s'unit à la beauté se diffuse alors toujours un parfum étrange autour des mots. Tu m'envoies du rêve mec.