lundi 22 mars 2010

Les carnets de Ringo - N°12 : Le super marché


Plusieurs fois par mois, Ringo s'offre une séance comique de cinéma 3D:  il va au supermarché.
Là bas, il s'amuse comme un petit fou.
Au détour d'une cagette de betteraves il regarde une mémé râler parce que les produits ne sont pas à la bonne place, reconnait les étudiants qui achètent leurs paquets de pâtes, capte le regard pétillant des filles au ventre plat qui s'emparent des pots de Nutella, surprend les gros durs tout musclés à choisir leur papier toilette. C'est le paradis du voyeur à petit prix.
Une fois ses yeux rassasiés, il décide de passer en caisse.
Ringo a pour habitude et pour principe de choisir la file d'attente où la caissière est la plus jolie. Toujours.
Le problème c'est que quelques fois la peste et le choléra le font hésiter. C'est comme ça que Ringo a connu Monique.
Une peau usée par les ans, les grimaces et la pluie, de gris cheveux fatigués, un collier de perles crème de la belle époque, et comme chaque jour, une incroyable envie d'être aimable avec les gens. Aujourd'hui elle n'a pas eu le temps de se faire de chignon ni de se lever du bon pied. Sur le badge qu'elle porte à sa chemise rouge bordeaux, sous son nom dactylographié on peut lire un cocasse imprimé :
"Je vous offre mon sourire"

Ringo se dit que la grande distribution ne manque pas d'humour.


2 commentaires:

Jérémy a dit…

Une onde qui arrive, est en partie absorbée, en partie renvoyée. La surface des choses ainsi révélée à nos regards absents, l'image nous trompe tout autant que nos interprétations; je me plais à imaginer que sous cet accablant descriptif se cache un robot entièrement contrôlé par les fourmis, un de ces êtres à l'air rebutant en réalité composé de terre et d'ordures ménagères mêlées.
Crevons nous les yeux, nous verrons peut-être un peu mieux.

Anonyme a dit…

J'ai beaucoup aimé le texte, mais j'ai du mal avec la perspective du dessin qui ne me permet pas de me représenter les positions des uns et des autres; la gracieuse caissière, abattue par tant d'années d'un travail passionnant et enrichissant est bien dessinée, à mon avis.Son visage ne m'est pas inconnu.
Yo